Pourquoi le 1er mai ?

 

 

Non !  Le 1er mai, n’est pas un jour férié comme les autres. Ce n’est pas un simple jour de fête ou de liberté, où l’on va cueillir du muguet en famille dans les sous-bois.

Son histoire est dramatique et mérite plus de solennité, plus de respect et de considération.

 

C’ÉTAIT  EN  MAI  1886  À  CHICAGO

Sur la place Haymarket de Chicago, une statue de bronze y trônait, elle n’y est plus, son destin est édifiant.

Cette statue avait été érigée à la mémoire de 2 officiers de police de la ville qui se distinguèrent en mai 1886 en dirigeant une sévère répression anti ouvrière.

C’est leur mémoire et leur exemple « à défendre l’ordre et la loi » que l’on avait voulu ainsi perpétrer, plutôt que celui de nombreux travailleurs américains tombés il y a cent trente-deux ans en luttant pour l’amélioration de leurs conditions d’existence.

La statue subissait les pires outrages (car tout le monde à Chicago n’appréciait pas cet hommage) si bien qu’il fallut la mettre à l’abri : Devinez où ?

….. à l’intérieur du quartier général de la police !  Tout un symbole !

 

UN SAMEDI PAS COMME LES AUTRES

Le 1er mai 1886 était un samedi. Pour les américains, ce premier jour de mai marquait l’expiration des contrats en tous genres :  contrats de location des logements, de fermage pour les paysans, de travail à l’usine pour les ouvriers. Et bien naturellement, on faisait partir du début mai les nouveaux contrats signés.

La loi et l’ordre dans l’Amérique d’alors, c’était de travailler douze heures par jours et six jours par semaine.

Ce 1er mai 1886 était la date fatidique fixée par le Congrès National du Travail de 1884, à partir de laquelle tout le monde devra faire huit heures par jour et pas plus.

Beaucoup de patrons n’ont pas voulu respecter cette décision, les travailleurs avaient donc cessé le travail et la manifestation sur Michigan avenue fut un succès considérable. Les manifestants étaient parvenus à déjouer toutes les provocations de la police pourtant puissante : sur les toits, dans les petites rues adjacentes, des compagnies armées étaient massées le doigt sur la détente. 1350 gardes nationaux rappelés en renfort étaient entassés dans la mairie, dans un building central siégeait un état-major policier.

Les travailleurs de l’usine de machines agricoles Mac Cormick Harvester qui étaient en grève depuis trois mois, rejoignirent la parade de Michigan avenue en ce 1er mai 1886.

Mais le lundi 3 mai, ils s’étaient trouvés face à trois cents « jaunes » embauchés pour briser leur mouvement. Ces jaunes étant accompagnés d’importantes forces de police, une violente bagarre s’ensuivit au cours de laquelle plusieurs travailleurs furent tués.

C’est pour protester contre ces violences, que le 4 mai sur la place Haymarket, les travailleurs de Chicago tinrent un meeting. Plusieurs milliers avaient répondu à cet appel et tout se passait dans le calme jusqu’à l’ordre de dispersion où un peloton de policiers fit mouvement vers la foule. Une bombe fut alors lancée d’une fenêtre, tuant un policier, en blessant plusieurs autres, ainsi que de nombreux manifestants. On ne saura jamais qui a lancé cet engin.

Sans tarder, la police engage une chasse à l’homme. Elle arrête huit dirigeants des mouvements anarchiques, qui jouaient alors un rôle historique important pour tenter de sortir le mouvement ouvrier de l’ornière.

Après un procès rapide, un jury choisi dans des conditions grotesques, rendit son verdict avec sept condamnations à mort et un emprisonnement de 15 ans.

Immédiatement, une véritable campagne mondiale s’organise pour sauver les condamnés.

Malgré tout, le 12 novembre 1887, le bourreau fit son œuvre pour quatre des sept condamnés à mort : Albert PARSON, Auguste SPIES, Adolphe FISHER, Georges ENGEL furent pendus. Louis LINGG se suicida dans sa cellule avant l’exécution.

Le 26 juin 1893, le procureur ALTGELD, à la suite de la campagne pour la réhabilitation des trois qui restaient en prison, publiait un message de pardon, car disait-il « les hommes avaient assez souffert ». Certes les accusés ne demandaient pas le pardon, mais la réhabilitation pure et simple.

L’affaire des pendus de Chicago était close, mais leur sacrifice allait galvaniser la lutte de millions de travailleurs à travers le monde. Aux États Unis le combat pour les 8 heures devait vite reprendre. L’Américan Fédération of Labor avait fixé un nouveau délai pour son application : le 1er mai 1890, ce jour-là à New-York il y eu un grandiose défilé, une tradition était née, on sait ce que fut son destin.

Aujourd’hui, le 1er mai est reconnu et célébré partout dans le monde, mais paradoxalement, il ne l’est plus aux États Unis. Le comble, c’est que la ville de Chicago l’appelle non pas «  le jour des travailleurs », mais « le jour de la loi », C’est un affront aux martyrs !

Après ces faits historiques, on peut dire que le 1er mai n’est pas un jour férié comme les autres, ni proprement dit la fête du travail, comme certains s’efforcent à nous faire croire, mais bien « le jour des travailleurs » et que cette journée est avant tout une journée internationale de lutte, une journée revendicative. C’est en quelque sorte une journée de grève que les travailleurs auraient réussi à se faire payer.

Cet historique nous prouve que le progrès social ne peut venir que de la volonté des travailleurs et elle prend toute son importance aujourd’hui dans notre pays, avec un gouvernement qui est en train de casser la France et son contenu social, pour répondre aux exigences de cette Europe du capital.

 

 

  Désiré                    

 

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