Un Noël sans déchet ?

 

Un Noël sans déchet ? Comment est-ce possible ? C’est un Noël décroissant !

Tout le monde sait ce qu’est Noël, fête religieuse, instaurée en 336. De nos jours, elle est tombée dans le domaine public et le marché s’en est emparé. Internet vous explique cela et fourmille d’idées pour le fêter, en bon consommateur formaté. On le fête, ou on ne le fête pas. Si, on choisit la première option, on peut faire appel à son imagination et se débrouiller sans avoir recours à cette machine gigantesque si goinfre en énergie nucléaire, c’est déjà un déchet de moins à gérer.
En 2019, quasi tous les enfants, stimulés en permanence, attendent la venue du gros bonhomme rouge, à la barbe blanche, premier mensonge des adultes, dont l’image actuelle, aurait été soutenue par la marque d’une boisson brune à bulles, dans les années 1930. Ca, déjà c’est redhibitoire, zut alors, on leur fait de la pub.
Dès le XIXè siècle la dimension mercantile de cette fête a été mise en place, récupérée par l’américanisation, et l’uniformisation, et en 2019, impossible d’échapper au matraquage, à la frénésie, aux films américains relatif à Noël (3 à 6 par jour en ce moment). Important transfert d’argent, du travail vers le capital, il suffit d’écouter les informations, le rappel des grèves et l’inquiétude des commerçants, cette période concluant leur chiffre d’affaire annuel.
Cela nous amène à nous poser la question de l’impact écologique de cette fête. Comment en sommes-nous arrivés là ? Si, on ne veut pas de tout cela, qu’est-ce qui reste ? Est-ce possible de se retrouver à Noël en famille, loin de ce courant mercantile, se rajoutant aux autres courants destructeurs de notre Terre.

Si, on l’a vécu ainsi, subsistent des souvenirs des Noël de notre enfance, différents. D’ailleurs, on ne parlait pas de Père Noël, mais de « Christkindel »(enfant de Noël). Le bonhomme rouge, on ne connaissait même pas. On faisait des « bredele », avec notre mère, notre père, lui faisait des pains d’épices. On mangeait des clémentines, on allait à la messe de Noël, on fabriquait des guirlandes en papier, on décorait le sapin et on installait la crèche. Le 25 décembre, on allait voir nos parrains et marraines, nos grand-parents, et le 26 décembre, on se retrouvait pour le « Schtaffesdà »(Saint-Etienne). Je ne me souviens pas que nous recevions de cadeau de nos parents. L’employeur de mon père organisait une fête, avec un goûter et un cadeau(les prémisses). Noël avait encore un certain sens. La fête était personnalisée, dans chaque famille, différente. Nous recevions les membres de notre famille qui vivait seuls.
Plus tard, je me rappelle des Noël avec nos amis, d’une autre religion pour qui, cette fête chrétienne n’avaient aucune signification particulière. Restait le plaisir de se retrouver et de partager de bons moments.

Un peu d’histoire lorraine, trouvée sur le net, car désolée, je ne suis pas d’ici.
Saint-Nicolas et le Christkindel étaient deux personnages incontournables des fêtes du mois de décembre en Moselle. (attention frontière linguistique (1871-…). Le Christkindel était une jeune fille vêtue de blanc avec une couronne de bougies sur la tête.
On connaît le sapin de Noël depuis 1605 à Strasbourg et le milieu du XIXè siècle dans notre région. On y accrochait des fruits et des noix, et depuis 1858, grâce à une invention d’un verrier de Meisenthal, des boules en verre. Quant au marché de Noël, il est apparu en 1570 chez nos amis alsaciens, avec décorations de Noël, objets artisanaux, gourmandises et Glüwein. Durant la période des 4 semaines de l’Avent, on préparait Noël car il faut du temps pour réaliser les Wihnachtsbreedle, Spirtz et autres gourmandises, que l’on s’offre entre amis et famille et que l’on déguste, bien au chaud chez soi.
C’était tout simple, et ça aurait pu le rester. Le commerce, le marché, la télévision, notre envie de faire pareil, et la maladie matérialiste dont nous sommes atteints en ont fait une grande fête du gâchis, de l’argent roi, et des tonnes de déchets accumulés.

Si on décide de fêter Noël, comment le fêter sans déchet ? Comment faire un Noël décroissant? Tout d’abord, la décoration ?
• On fuit les magasins de produits « made in ailleurs », on peut tout à fait décorer sa maison si on le souhaite avec des guirlandes en papier, des fruits secs, des pelures d’orange fixées sur une couronne de branches, des pommes de pin, des belles branches, des petits bouts de tissus découpés sur d’anciens vêtements
• On refuse les guirlandes électriques, même ledées, futur déchet, c’est quand même du plastique, de la pollution délocalisée et de l’exploitation d’ouvriers ;
• On refuse les décorations « made in ailleurs », en plastique, imposée par une « tendance » annuelle, esclavagiste ;
Puis le cadeau ?
• On peut ne pas se faire de cadeau. Cela a été testé et c’est frustrant, car personne ne suit la règle et on se retrouve seul à ne pas avoir de cadeau ;
• On peut se faire des cadeaux fait main. On a testé, c’est bien, et cela implique chaque personne, cela l’amène à réfléchir. C’est à la portée de tous, et même un collier de nouilles est un cadeau apprécié, car c’est l’intention qui compte. Le temps qu’on passe à courir les magasins, ou les sites internet, est du temps perdu, que l’on ne passe pas avec ses proches, ;
• On peut se faire des cadeaux utiles, pour l’achat desquels, on aurait fait des économies durant quelques mois (plutôt qu’un crédit) ;
• On peut imaginer se faire des cadeaux alimentaires, des réalisations gourmandes faites maison ;
• On peut n’acheter aucun objet en plastique et n’acheter aucun objet emballé dans du plastique ;
• On peut ne rien acheter et créer de toutes pièces avec ce qu’on a chez soi, d’où l’intérêt de ne pas jeter ce qui peut encore servir ;
• On peut imaginer réduire le nombre de cadeaux par un tirage au sort, chaque convive n’achète qu’un cadeau à un autre ;
• On peut ne pas emballer ses cadeaux, ou les mettre dans un sac en tissu, réutilisable tous les ans.
Et le repas ?
• On peut faire un repas simple, où tout le monde participe, ou un repas plat unique, comme on en fait en hiver, ou l’un des menus de circonstances, comme il est écrit dans le cahier de recettes de l’école ménagère de Carspach, uniquement fait avec des aliments issus du terroir ;
• On peut décider de ne manger que des produits locaux, en laissant à chaque région ses spécialités ;
• On peut refuser de manger les « schnick-schnak imposés » ;
• On peut en parler autour de soi, aux enseignants, aux collègues, aux amis, susciter l’émulation pour un Autre Noël ;
• On peut refuser la publicité dans sa boîte aux lettres, et donc, on ne reçoit pas de catalogues ;
• On peut ne pas faire écrire ses enfants au bonhomme rouge, mais mettre en place une correspondance papier sa famille lointaine, réaliser de belles cartes. On les gardera dans une boîte et on les ressortira dans 20 ans, ou tous les ans ;
• On peut ouvrir sa porte à quelqu’un qui n’a pas notre chance d’être en famille, partager…
• On peut se remettre en question…sans qu’on nous donne un mode d’emploi, à suivre ;
• On peut rester chez soi, et ne pas partir au ski, ou à l’autre bout du monde, et éviter le tourisme effréné, et respecter les grévistes…
On peut faire comme nos ancêtres, un Noël simple, chaleureux avec mandarines, oranges, gâteaux fait maison. On peut expliquer à ses enfants la réalité de notre Monde, de ce que nous en avons fait et que ce que nous avons fait est grave et que dans un monde fini, le Noël commercial n’a plus sa place, seuls restent les relations humaines, l’entraide, la solidarité, le partage et l’amour.
Le bonheur est souvent à notre porte.

(K)assandre

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