Forages : perpétuer le mirage pour continuer d’empocher

 

Le gaz de couche de charbon est une énergie fossile qui n’a jamais été exploitée en France, la Moselle sera-t-elle le seul département à servir de cobaye ?

Après plusieurs années de silence, l’entreprise de forage demande un nouveau laisser-passer pour continuer ses activités couteuses et risquées.
Les municipalités suivantes ont été invitées à donner leur avis :
Altviller, Bambiderstroff, Barst, Béning, Boucheporn, Bousbach, Cappel, Cocheren, Créhange, Diebling, Elvange, Farschviller, Farébersviller, Faulquemont, Folkling, Flétrange, Folschviller, Hallering, Haute-Vigneulles, Henriville, Hombourg-haut, Hoste, Lachambre, Laudrefang, Lelling, Longeville-les-St-Avold, Loupershouse, Macheren, Narbéfontaine, Pontpierre, Puttelange-aux lacs, Saint-Avold, Seingbouse, Tenteling, Téting sur Nied, Théding, Vahl-Ebersing, Valmont, Zimming.

Communes concernées par le permis demandé

Une enquête publique est ouverte à tous les citoyens qui souhaitent donner leur avis.

 

Jusque-là, aucun résultat sérieux n’a été mis en évidence :

L’entreprise initialement australienne, baptisée EGL, est devenue Française de l’Energie.
Elle cherche à extraire du gaz de couche de charbon : un gaz non conventionnel, comme son cousin le gaz de schiste.
Ce gaz se trouve dans les veines de charbon vierges, jamais été exploitées pendant la période minière (ce n’est donc pas du gaz de mine).
Les forages exploratoires passés, dans notre région, ont tous connus des échecs opérationnels et démontrent que les techniques ne sont pas matures.

5 puits ont été forés entre 2008 et 2017:
Folschviller (x2) : Ennoyage du puits par interception d’une faille qui draine l’eau de la nappe phréatique.
Tritteling : pannes à répétition. Durée de forage décuplée. Utilisation d’un important volume d’eau.
Diebling : « problèmes récurrents de pertes de circulation de la boue de forage et son cortège de problèmes associés », puits rebouché car ennoyé par interception d’une nappe d’eau, donc inutilisable.
Lachambre :

*Selon nos calculs, sur toute la durée de vie du puits, l’entreprise aurait pu vendre pour moins de 200.000 euros de gaz. Mais le forage du puits leur a couté plusieurs millions.

Française de l’Energie avait 15 ans pour prouver qu’elle était capable d’extraire du gaz en quantité commercialisable. Malgré le manque de résultats concluants, le permis expirant en octobre 2018, la seule issue de l’entreprise était de déposer une demande pour exploiter le gaz, sinon les 40 millions d’euros dépensés dans les recherches auraient été perdus…

En mars 2018, le ministère de la Transition écologique et de l’énergie a refusé d’accorder la prolongation du permis de la zone géographique voisine (Permis « Bleue Lorraine Sud »).

 

Quelles seraient les conséquences ?

L’extraction de ce gaz soulève de nombreuses questions en termes de techniques et de rentabilité.
Les expériences des entreprises minières à travers le monde témoignent des répercussions dramatiques. La potabilité de l’eau, la fertilité des sols, la dégradation de l’attractivité du territoire et les dévalorisations immobilières ne sont que quelques-uns des impacts néfastes prévisibles.
Au plan local, la contrepartie socio-économique du projet serait dérisoire voire nulle.

 

A qui profite la manœuvre ?

Une chose est certaine : l’exploitation du gaz ne profite pas aux citoyens mosellans : les créations d’emplois ne sont que minimes (1 emploi par puits pour le gardien). De surcroit, les mosellans ne bénéficient pas d’avantages sur le prix du gaz.

Nous avions déjà eu affaire à la Française de l’Energie dans des précédents articles : l’un au sujet d’une sombre histoire de prélèvement d’eau sur le réseau public, l’autre concernait une canalisation de gaz qu’Energis avait fait installer jusqu’au site. Les travaux avaient été arrêtés, faute d’autorisation.
La Française de l’Energie est une entreprise spéculative, qui a un business model essentiellement basé sur la dette (et un revenu tiré d’une autre activité).
Cotée en bourse depuis juin 2016, cette société cherche à attirer un maximum d’actionnaires et à obtenir des subventions privées et publiques.
Le conseil Régional avait d’ailleurs octroyé 1,75 millions d’euros de subventions publiques, pour soutenir la recherche et cette entreprise

Une grande partie des actionnaires sont des sociétés enregistrées offshore :

L’entreprise à plusieurs litiges en cours : elle doit notamment plus de 2 millions d’euros au sous-traitant qui a foré le puits de Lachambre en 2016.

Mais aussi longtemps qu’il y aura des autorisations de forages, les dirigeants percevront leur mirobolants salaires :

A l’heure où les préoccupations sur la santé des Français et le dérèglement climatique sont de plus en plus importantes, il est inacceptable de laisser quelques dirigeants s’enrichir en détruisant notre cadre de vie et en mettant en péril notre santé

Les citoyens peuvent donner leur avis, du 10 septembre au 13 octobre en cliquant sur le lien suivant: https://www.enquetes-publiques.com/Enquetes_WEB/FR/EP20315/Deposer.awp

Pour plus d’infos : http://www.apel57.fr

 

 

 

Rédacteur le Petit Naborien

 

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