Retour au 19ème siècle…. (suite de…Drôle de siècle)

Rappel historique sur la perte lente de tous les acquis sociaux.

 

 

Retour au 19ème siècle…. (suite de…Drôle de siècle)

 

Depuis le début de la « crise », tous nos « grands économistes » nous rabâchent à longueur d’antenne que la France n’est pas compétitive, les Français trop fainéants et trop gâtés au niveau social et que ça ne peut pas continuer ainsi car on court à la faillite.

Et donc, la seule façon de s’en sortir, serait de faire des sacrifices, de donner plus de « libertés » aux entreprises pour qu’elles innovent, investissent et embauchent et comme cela on retrouverait le meilleur des mondes….

Le problème c’est que cela fait 30 ans que les travailleurs font des sacrifices et que « la crise » continue voire s’aggrave…

Quelques rappels car la mémoire est fugace :

 

Souvenez-vous, dans les années 80, Mr GATTAZ (père) de son prénom Yvon, promettait de créer 400 000 emplois si l’État supprimait « l’obligation administrative de licenciement » qui obligeait à l’époque, les entreprises de déposer un dossier à l’inspection du travail pour tous licenciements de plus de 10 salariés… L’obligation a été supprimée et le chômage a continué…

En 1983, le patronat se dressait contre « l’échelle mobile des salaires » qui prévoyait l’indexation des salaires sur l’inflation… L’échelle mobile a été supprimée et les salaires se sont effondrés. Les entreprises justifiant l’austérité salariale par la nécessité de « reconstituer les marges »…

Dans les années 90, avec l’effondrement de l’URSS et du mur de Berlin, s’est ouvert une période faste pour les entreprises dans le cadre du capitalisme triomphant (souvenez-vous des Golden Boy, des Tapie..), il y avait plein d’argent partout, mais pas pour les salariés. Car on le rappelle : « les salariés sont un coût pour eux, qu’il faut réduire » et donc les entreprises, les banques ont fait des marges considérables, mais ont continué à licencier et bloquer les salaires etc..

Les marges étant revenues, les investissements repartaient….mais pas en France, en Europe de l’Est car il y avait de nouveaux marchés à prendre. Il fallait aider ces pays (ils sont gentils quand même)

à se relever. Ils ont donc ouvert plein d’usines là-bas, puis ils en ont fermé plein en Europe de l’Ouest. Car nos braves patrons se sont rendus compte que les Polonais, Tchèques et autres Roumains coûtaient beaucoup moins chers…d’où l’idée de produire là-bas pour vendre ici, en gonflant les marges. Le meilleur exemple est celui de l’industrie automobile, tous les constructeurs mondiaux ont bâti des usines à l’Est et en ont fermé à l’Ouest.

Il paraît que cela profite aux consommateurs….

Allez donc demander l’avis aux consommateurs chômeurs dont les usines ont fermées.

 

Les années 2000 ont été marquées par plusieurs « crises financières » car les traders des grandes banques ont beaucoup joué, puis beaucoup perdu au Monopoly et donc « pour sauver les banques, les États se sont endettés et comme il faut bien rembourser la dette, ma p’tite dame, il faut donc encore faire des économies, toujours sur le dos des salariés.

Les banques ont toutes retrouvées des couleurs et continuent à spéculer (y compris contre des monnaies des États qui les ont aidés), mais bizarrement personne ne leur demande des comptes.

En 2008, le patronat obtenait de Nicolas SARKOZY la « rupture conventionnelle » avec l’argument,

« Plus facile de licencier….plus facile d’embaucher !! » Résultat : il y a eu, depuis 2008, environ deux millions de ruptures conventionnelles. Dans 80 % des cas elles sont demandées par l’employeur et dans 75% des cas elles concernent des plus de 55 ans qui viennent gonfler le nombre des « fainéants de chômeurs » (900 000 personnes de plus de 55 ans). Car il est bien évident que ces personnes ne retrouvent pas d’emplois et plombent les comptes de l’Unédic….

Au fait c’est plus facile de licencier, d’accord….mais ou sont les embauches !!

 

En 2012, un des premiers cadeaux, qui a coûté des milliards, fait par François HOLLANDE aux patrons qui promettaient en retour 500 000 emplois : « le pacte de responsabilité » qui allégeait les charges des entreprises, a été instauré…et le chômage a pris un envol considérable !

 

En 2014, Mr GATTAZ (fils) de son prénom Pierre, jurait la main sur le cœur que les entreprises créeraient 1 million d’emplois si l’État faisait encore un effort sur « les charges » (n’oublions pas, pour eux : les salariés). L’État a instauré le CICE (qui nous coûte 40 milliards par an). Où sont les embauches !

Pire, certaines entreprises ont bénéficié du crédit d’impôts…et ont supprimé des emplois en même temps ! Et ça continue avec la loi du travail ‘El Khomri’…toujours les mêmes arguments : plus de liberté, plus de souplesse, baisse des coûts, simplifier les procédures de licenciement, limiter les Prud’hommes, etc… et on créera des emplois….
Promis-juré !

 

NON, NOS GOUVERNANTS NE SONT PAS AUSSI NAÏFS…..ILS SONT COMPLICES !!

 

Car de recul en recul, les travailleurs perdent, petit à petit, des acquis sociaux gagnés au cours du 20ème siècle. Ils perdent aussi des protections (que le patronat appelle des barrières), des droits pour se défendre collectivement au travers des CE, des syndicats, des Prud’hommes.

Et il n’y a pas de limites à ces reculs. Nos « grands économistes » citent souvent en exemple l’Allemagne ou l’Angleterre « des pays qui réussissent eux ! », mais à quel prix ?

En Allemagne, les travailleurs des grandes entreprises vivent correctement, mais c’est loin d’être le cas pour des millions d’autres. Un SMIC à 800 euros ne sera instauré qu’en 2017 et pour l’instant des millions de personnes galèrent avec des « minijobs » payés au bon vouloir de l’employeur…Tous les métiers de l’agriculture fonctionnent avec de la main d’œuvre polonaise ou roumaine, payée 600 euros/mois pour 60 heures par semaine et après on s’étonne que nos paysans crèvent… !

En Angleterre, c’est pire : ils ont inventé le contrat « zéro heure », le salarié doit attendre que son employeur l’appelle s’il a besoin de lui, pour quelques heures souvent (qu’on lui paye quand même). C’est à dire un jour tu bouffes et l’autre pas et bien sûr pas le droit au chômage, parce qu’il y a un contrat de travail.

Mr Cameron, après avoir planqué son pognon au Panama, va instaurer la suppression des aides sociales aux « étrangers », y compris européens, (pour les) séjournant depuis moins de 4 ans. Ce qui va faire baisser le « coût social » et favoriser l’immigration. Et, nouveauté, le parlement anglais légifère sur le droit de grève…. C’est vrai quoi, les syndicats ça fout la merde !….encore une barrière qui saute !

 

On pourrait parler aussi de la situation des travailleurs grecs, espagnols, portugais ou d’Europe de l’Est, mais là il faudrait préparer les mouchoirs. Et donc, à ce petit jeu du « moins disant social », TOUS les travailleurs européens régressent et risquent à terme, de retourner aux conditions du 19ème siècle, il n’y a pas de raison que cela s’arrête, sauf les (si renaissent de grandes) luttes sociales.

Il faut que le syndicalisme européen soit beaucoup plus offensif et beaucoup plus indépendant de la Commission Européenne, si l’on veut arracher « une charte sociale européenne » qui garantisse des normes sociales pour tous les travailleurs des pays de l’Union.

Mais on a en face de nous un patronat européen rétrograde, des gouvernements complices et un parlement européen le plus à droite depuis son origine.

 

Il faut donc se battre en France, pour ne pas RETOURNER AU 19ème SIÈCLE !

 

 

Désiré

Comments
  1. Huahiné

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